VERS EXPOSITION
GALERIE DU PARC DECEMBRE 2006
Texte de
l’article de Bernard Gouttenoire dans Le Progrès du 9 novembre 2003
On reste
abasourdi par la prouesse technique, qui permet à l'objet peint sur la toile,
d'être quasiment « pris en mains !»
C'est de
l'ordre de la virtuosité et Gérard Dubois ne se prive pas d'inventer des mondes
au lyrisme éblouissant.
Comment
peut-on peindre ainsi aujourd'hui? Est-il nécessaire de vouloir se battre
contre la photographie? Il fut un temps où les peintres se devaient de montrer
le modèle dans sa vérité flagrante, mais de nos jours ce combat semble perdu
d'avance tant les images virtuelles et autres procédés supplantent tout geste
« fait mains » Pourtant Gérard Dubois comme nombre de ses pairs,
résiste, insiste, persiste et signe ses " trompe l’œil " (expression
pratique, pour faire court), avec une aisance absolue, convaincu de la
modernité du genre. Voyez les sujets :
les fleurs
aussi vraies qu'un Berjon pouvait l'espérer, les fruits aussi charnus qu'un
Chardin pouvait les imaginer...
Plus loin ce
sont des verres d'une transparence lumineuse, des poteries qui tournent, des
broderies au pinceau, des détails sur telle ou telle chose qui passe
d'habitude, inaperçue... Parfois Dubois s'intéresse à la représentation humaine,
voyez ce « portrait de famille» qui immortalise grandement Chantal, Charlotte
et Patrick Pons. Il y a un velouté des rapports de couleur, une maîtrise « à
l'ancienne » pour un message d'aujourd'hui. C'est une peinture que l'on dit
naturellement « classique», face aux excès qui -depuis Duchamp -ont perturbé
l'histoire. Ici, pas de laisser-aller à la facilité, Gérard Dubois est un
peintre, simplement, il rejoint ceux qui ont poussé à l'extrême les techniques
émotionnelles, sans doute l'égal des contemporains Cadiou, Poirier, Hubert
Gaillard, Chancrin... Il n'a rien à leur envier, le sujet sur la toile parle de
lui-même, on est seulement époustouflé !
Bernard
Gouttenoire.
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